lundi 19 novembre 2012

De Ronda à Tarifa : ma course vers l'Afrique


Après un col d'une longue série dans la Sierrenia de Ronda
Seulement quinze kilomètres séparaient Setenil de las bodegas et Ronda. Ayant été ralenti par la beauté du paysage, je devais rouler rapidement afin d'atteindre Ronda avant le coucher du soleil et pouvoir ainsi voir son fameux pont, le Ponto Nueve, être frappé par la lumière. 

Le Ponto Nueve de Ronda. 
Dès mon arrivée à vélo, j'observai que Ronda allait être dans un autre registre, mais peut-être pas pour les bonnes raisons.  


Ronda résiste au précipice depuis plus de 2000 ans
Son développement périphérique anarchique est repoussant et l'accès à la vieille ville n'est guère plus encourageant surtout à vélo.



L'arène de Ronda (1785). Selon certains,
la corrida moderne y serait née
Par ailleurs, elle jouit désormais d'un statut particulier auprès des villes côtières comme Malaga et Algeciras, qui utilise Ronda comme "destination d'un jour" dans les Pueblos Blancos, leur permettant une plus vaste offre touristique. 

Ronda. Hôtel de ville
Du coup, la ville en ressort gagnante d'un point de vue économique, mais elle a, selon moi, perdu beaucoup de son charme. Ses trois magnifiques ponts permettant de relier la ville demeurent des lieux incontournables qui permettent à Ronda de rester fixée sur son passé.


Le gouffre de Ronda
Joelle et Mariel lors d'une entrevue
pour un travail scolaire
Ma petite virée à vélo m'aura également permis de rencontrer deux cousines québécoises en cavale qui se transportent à pied et sur le pouce depuis Séville :


Pour atteindre la côte, Tarifa et ensuite l'Afrique et Tanger, je devais franchir la Sierrenia, une dernière chaîne de montagnes importante de l'Andalousie dont certains monts atteignent 1400 mètres.


Il est fascinant de voir la végétation changer, les villages blancs apparaître au tournant d'un col et de simplement écouter le silence, sauf lorsque j'aperçois des vaches à cornes des montagnes :



Après quelques heures de montée, après avoir dépassé le village de Gaucin, la descente de 10 kilomètres vers Tarifa débute. Les oliviers réapparaissent, entre les troupeaux de moutons et les chevaux.

La jument adore l'eau de source des montagnes

150 km à faire avant l'Afrique
Frontera de Jimenez
Les cigognes de Castellar
Si j'avais un conseil à donner aux prochains voyageurs à vélo, c'est de définitivement prendre un train de Los Barrios afin de contourner le trafic tumultueux d'Algeciras et d'atteindre directement Tarifa, avec sa mignonne ville arabe et se vents constants.

Toutefois, sachez porter attention aux nids de cigognes qui longent la route :


Finalement arrivé à Tarifa, j'avais moins de 24 heures pour planifier la traversée par bateau vers Tanger la blanche, la ville du détroit que j'avais habité douze ans plus tôt. Allais-je être déçu, heureux ou euphorique ?


Le port de Tarifa et son château arabe
Le chat de Tarifa en attente d'un morceau de quelque chose...
L'un des fondateurs de Tarifa et son lion...
À 50 mètres du bateau, 40 minutes
de Tanger
Cioa L'Espagne. Marhaba au Maroc