samedi 24 novembre 2012

Back home in Tanger


Tanger. Du haut de la terrasse de l'hôtel La Tangerina
Certes un peu nerveux de revoir la perle du détroit, j'espérais ce moment depuis 12 ans. C'était en 2000. Je terminais mon baccalauréat sans bourse d'excellence du feu FCAR (Consultez votre Dossier) et je naviguais entre le Pub de l'Université Laval, Limoilou et le Pavillon de Koninck. Parfois du Sacrilège au Temporel... 


En 2000. Mohamed et moi,
dans son bazar à Tanger
L'un de mes professeurs d'anthropologie me propose alors un terrain ethnographique "toutes dépenses payées" à Tanger, au Maroc, en échange de données sociales collectées sur place. 

J'acceptai sans réfléchir, d'autant plus que Maude, ma copine de l'époque, avait mérité une bourse de recherche (Vous avez oublié votre NIP?). 



En 2000. Khalid et Abdel,
sur la rue Siaghrine, Tanger
Pendant six mois, nous avons tenté de comprendre la personnalité d'une ville, par le biais de son histoire, mais surtout par les gens qui l'habitent. Personnellement, je l'ai trouvé hideuse, chaleureuse, odorante, triste, inspirante, suffocante et mystérieuse. Si vous préférez un acrostiche d'un célèbre québécois :





T.abarnak que ça bouge icitte ma chérie,
A.ttention ousse tu poses ton regard.
N.e te torche pas avec la main qui te nourrit,
G.esticule pour un taxi sur le boulevard.
E.ntre dans la médina pour te parde aujourd'hui,
R.etrouve la sortie dix ans plus tard. Ciboire.

(Gérard, 2012)


Les retrouvailles. Hisham, Khalid, moi et Mohamed
Dès que j'ai posé mon vélo sur le sol du port de Tanger, que le douanier eut "vérifié" mes papiers dans un bel uniforme vert et rouge et que quelqu'un m'interpella en insistant :

- Taxi ! Taxi ! Tu veux venir dans mon Taxi ? en agitant ses clés violemment afin que je comprenne bien qu'il disposait d'un soit disant taxi.
- Avec le vélo ? Dis-je en lui souriant ironiquement.
- Avec le vélo, les sacs, coulchie mon ami, ici il n'y a pas de problème !


Une porte de la Kasbah
Porte de la medina, rue Siaghrine
Bab de la médina
Je me suis alors senti chez moi. Bienvenue, marhaba au pays. Avec le sourire et l'impression que je revenais à la maison après un long voyage, je lui ai balancé les mélodies arabes que j'avais apprises jadis avec le même rythme et la même assurance. 


Chat de la Kasbah, Tanger

Son regard étonné m'avisa que le Maroc venait précisément de me pénétrer à nouveau.






Porte de la Medina de Tanger

Ma route à vélo venait de se terminer. Les vacances débutaient. 



Chap, Alexia et Émilie. Tanger
LIVE du toit de mon petit gîte sympa (Dar Bargach) après avoir été engagé comme "faux" guide par deux autres québécoises en cavale, Alexia et Émilie: 



Promenade dans la Kasbah, où j'ai rencontré des joueurs de billes professionnels, puis discussion au Café Hafa, devant un thé à la menthe et une poignée de peanuts chaudes pour cinq dirhams :